Les fondements du DD

Les fondements de la réflexion sur le développement durable ne datent pas d’hier. A la fin du XIXème siècle déjà, soit dans le prolongement de la Révolution industrielle et de ses at­teintes nombreuses aux personnes et à la Nature, des voix – principalement celles de scientifiques issus de disciplines très diverses – se sont élevées pour dénoncer l’attitude menaçante de l’Hom­me à l’égard de son environnement.

Avec l’essor exponentiel de l’automobile, la déforestation massive ou la prolifération des risques in­dus­triels, il était normal que cet­te mise en tension entre le fameux « progrès » technologique et économique, d’une part, et l’exploi­­tation déraisonnée de la Nature, d’autre part, se poursuive – et s’intensifie même – au cours du XXème siècle. De fait, ces enjeux deviennent une préoc­cupation dominante après la Deuxième Guerre, avec la création de grandes organisations écologistes, comme le WWF, par exemple.

Au final, cette dynamique aboutira carrément à se poser LA grande question (inspirée ici du titre d’un fa­meux rapport, commandé par le Club de Rome en 1972) : « Faut-il met­tre un terme à la croissance ? ». Tou­­te­­fois, il est vite apparu comme évident que cette antagonisme économie / nature conduisait à une impasse.

Il était temps, en définitive, que soit reposée en des termes plus pragmatiques la question de la relation entre la Nature et l’Homme, ce dernier étant entendu aussi bien comme partie à un réseau de solidarités so­ciales que comme que comme acteur d’échanges économiques.

Du coup, la notion de « développement durable » apparaît aujourd’hui comme tendant à un triple équilibre :

  • entre les différents impératifs de la vie en société (environnement, économie et social, principalement ; on parle d’« équilibre des priorités ») d’une part ;
  • entre les générations, en application du terme même de « durabilité », tel qu’on l’a retenu en français (on parle ici d’« équilibre dans le temps »), d’autre part ;
  • et entre les différents peuples qui occupent actuellement la planète (on parle là d’équilibre dans l’espace), en dernier lieu.